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Présentation

 
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Etre peintre et vivre sa création, si je devais expliquer comment « ça » se passe, voilà ce que je dirais :

La création commence en moi, bien avant la mise en œuvre elle même, elle s’apparente à une gestation consciente ou inconsciente dans mon esprit, je suis en quelque sorte habitée par une « idée-impression-émotion ». Elle vit en moi en permanence (que j’y pense ou non), elle va persister pendant une durée variable de quelques jours à quelques semaines ou mois.
J’imagine volontiers l’inspiration comme une pluie qui ensemence les esprits prêts pour cela, et l’œuvre est la plante qui germe de cette eau.
Donc, la graine pousse, elle devient bientôt un projet, les morceaux du puzzle se mettent en place, et le moment approche où il faudra concrétiser, soit par des dessins, des croquis préliminaires, ou quelquefois directement par le démarrage de l’œuvre.
C’est une impulsion très forte, très impérieuse (Voir « le principe de la nécessité intérieure », de Kandinski) qui se manifeste quand la « décantation » est achevée, et si, pour des raisons multiples (la vie courante) je ne prends pas le temps pour « faire », je serai coupée de cette source et je ne pourrai plus peindre le tableau qui serait issu de cette manne, j’aurais comme perdu à la fois l’énergie et la compréhension pour le réaliser !
Alors j’essaie de gérer au mieux, car « passer à côté » me laisse un sentiment de vide et de perte, qui est l’exact contraire de la plénitude que laisse une création menée à bien ! (Quelquefois, je « rate » mon tableau, mais c’est toutefois mieux que de n’avoir rien tenté).

Cette création, quand je suis dedans, je n'ai qu'à laisser passer le "peindre". Je voyage. Là je suis bien, noyée dans la couleur et l’espace.

Le tableau est né, il est là, désormais accessible.

Car il ne prendra vraiment sa dimension que par le regard qui se reconnaîtra, en même temps qu’il le reconnaîtra.
Une personne qui regarde et apprécie une toile, pratique, selon moi, le « renaître avec ».